Playlist playing H.E.R – Comfortable

Je n’en reviens pas. J’écris. A nouveau ! J’avais arrêté d’écrire depuis plusieurs mois. Ici, mais aussi pour moi. Pour certain.e.s, cela peut paraître anodin. Mais sachant qu’écrire est une thérapie depuis plusieurs années maintenant, pour moi, cela veut dire beaucoup. Même si je n’aime pas me forcer à écrire, passer autant de temps sans le faire est souvent un des symptômes qui me permet de comprendre que je ne vais pas bien. Ceci étant dit, je suis ravie et soulagée de pouvoir à nouveau caresser les touches de mon clavier pour vous narrer ces derniers mois. J’espère réussir à trouver les mots justes pour ce partage. Mais bon si ce n’est pas le cas vous me pardonnerez n’est-ce-pas ?! Vous savez qu’ici c’est souvent décousu, mais toujours vrai ….

SUDEHY

J’ai toujours trouvé fascinant le fait qu’une simple photo puisse transmettre différents messages, et même des énergies diverses et variées. Je suis en amour devant ces premiers clichés qui illustrent cet article. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez dû les reconnaître : ils sont issus d’un shooting avec la talentueuse Violette Tannenbaum. J’aime me voir ainsi : joviale, souriante, radieuse. En y repensant, ce sont des adjectifs avec lesquels on m’a souvent définie par le passé, et c’est encore très souvent le cas aujourd’hui. Un camarade de classe à l’époque me disait souvent que j’avais tout le temps les dents dehors. Je n’ai jamais su s’il s’agissait là d’un compliment ou pas, et je me rends d’ailleurs compte que je n’ai jamais vraiment cherché à savoir si c’était le cas.

« Je suis sûrement joviale, souriante et radieuse, mais pas QUE ! »

En voyant ces clichés encore il y a quelques jours, je me suis demandée si « joviale, souriante, radieuse », seraient des adjectifs que j’utiliserais en ce moment pour ME définir ? Ces adjectifs, liés à tout ce qu’il existe de plus positif me définissent-ils ? Suis-je une personne joviale, souriante, radieuse ? La vérité est que je n’en sais rien. Je trouve d’ailleurs qu’il y a une injonction à la positive attitude qui peut vite être néfaste (sur les réseaux, dans plusieurs articles on line, on a l’impression qu’on doit toujours aller bien – WTF). Quoiqu’il en soit, les deux seules certitudes que j’ai à l’instant où je rédige ces lignes, sont que : 1). J’ai bel et bien perdu mon sourire ces derniers mois, un peu trop à mon goût, 2). Je suis sûrement joviale, souriante et radieuse, mais pas QUE. Je me suis rendue compte ces derniers temps du poids que cela peut représenter d’être cette personne là. Celle qui rigole tout le temps, sourit -très- souvent, celle qui hype les autres, celle qui fait plaisir à voir, celle qu’on aime avoir à ses côtés tant elle fait du bien. C’est dangereux, surtout dans une société qui aime bien nous mettre dans des cases, sans jamais tenir compte de la complexité de la personnalité de tout un chacun. C’est dangereux, car on pourrait penser que cette personne se résume à cela. On oublie alors qu’elle peut aussi avoir des moments où elle a envie de tout sauf de ça : rire, sourire… faire du bien aux autres. Alors la règle dit que faire du bien aux autres nous en fait aussi, sauf que ce n’est pas toujours vrai, surtout quand on va mal. Avant de commencer à travailler sur moi il y’a quelques années, j’étais la championne pour être toujours là pour les autres, j’avais l’impression d’être super généreuse, je ne me questionnais jamais sur mon propre bien/mal-être. Puis j’ai compris qu’en fait parfois c’était uniquement pour recevoir de la reconnaissance, mais également et surtout, pour me fuir moi-même. C’était inconscient, mais cela me permettait de ne pas me confronter à mes propres problèmes. Maintenant je sais. Je sais m’écouter. Et ces derniers temps, être cette personne-là m’a pesé plus que d’habitude parce-que je n’allais pas bien.

FEMALE COLLECTIVE

WOW 2020 ! Elle nous aura secoué.e.s hein. Pfiouuuuuuu. Personnellement je me rappellerai de cette année comme celle où j’ai le plus côtoyé mes démons intérieurs. J’ai beau cherché, je ne me souviens pas avoir été aussi mal en point que cette année. Normal me direz-vous. J’essaie encore de bien comprendre ce qui s’est passé. OK il y’a eu le Corona. Puis le confinement. Puis le Dé-confinement, l’euphorie de retrouver un semblant de vie normale, puis l’été, les vacances. Puis la fin de l’été, le retour au Corona, à la vie masquée, aux préoccupations. Je me suis perdue au milieu de tout ça. Je me définis comme une personne positive, plutôt optimiste. J’essaie toujours de trouver des solutions face à l’adversité. Je trouvais que j’avais plutôt bien vécu le confinement par exemple. J’ai toujours réussi à me tirer toute seule vers le haut, à me hyper, à prendre soin de moi. Mais ces derniers mois, je ne sais pas ce qui s’est passé, ça a été la descente aux enfers. Version gentille mais quand même !

Je ne parlerais pas de dépression, par respect pour les personnes qui le vivent vraiment. Mais plutôt une forte déprime. Je dis ne pas savoir ce qui s’est passé, mais je pense en fait que l’élément déclencheur a simplement été une accumulation des hauts mais surtout des bas de cette année que nous avons eu à vivre. Beaucoup de changements de situation, devoir sans cesse se ré-adapter, perdre ses repères, devoir en fabriquer de nouveaux. Je suis une personne très sociale, j’ai un besoin fort du contact humain, physique. Je m’en suis rendue davantage compte d’ailleurs cette année. Or, être enfermée H24 chez moi malgré le fait que cela ait de nombreux avantages, a fini par me faire perdre pied. Vous savez combien je chéris mes solo time; mais ceux-ci n’avaient de sens que parce-qu’à côté, j’avais une vie active entre le boulot (en présentiel) et mes différentes occupations. Avec le télétravail, j’ai perdu une bonne partie de cette vie active. J’ai eu beaucoup de mal à trouver mon rythme. Petit à petit, j’ai sombré.

Toutes mes journées se ressemblaient. Je ne faisais plus l’effort de commencer ma journée douchée et habillée. Choisir ma tenue du jour me manquait. J’étais tout le temps triste. Je me traînais, à longueur de journée. Une fois la journée de travail terminée, je glandais. Je sais pourtant que je suis le type de personne qui a besoin de rester active, mais je n’y arrivais pas. Je n’avais envie de rien de spécial. Enfin si, je ressentais le besoin d’être entourée. De ma famille, de personnes qui me sont vraiment chères. J’avais besoin cette fois d’un boost venant de l’extérieur. Je n’arrivais plus à le faire moi-même. Toutes ces astuces que je maîtrisais à la perfection et que j’avais toujours utilisé pour me remonter le moral et ne pas sombrer, ne fonctionnaient pas, ou pas longtemps, ou alors je n’arrivais même pas à les mettre en place. La musique, les copains, écrire, sortir marcher …. Rien ne fonctionnait. L’incompréhension accentuait alors mon mal être. Le plus difficile n’était pas forcément l’état dans lequel je me trouvais, mais le fait de ne pas me reconnaître dans celui-ci, de la même façon que j’ai du mal à me reconnaître en lisant ces lignes. J’y travaille encore, et j’accepte petit à petit que ça, c’est aussi moi. Cette phase m’a permis de comprendre que le healing process est long, et que j’ai encore du boulot, hell yes ! It humbled ME man!!! Bref, certains jours, mon seul refuge, ma seule bulle d’évasion c’était Instagram.

Jusqu’à ce que je comprenne qu’Instagram jouait un rôle majeur dans mon mal-être.

J’ai toujours été une fervente avocate de ce réseau social. Bon, il faut dire que c’est mon préféré, je n’étais peut-être pas totalement objective hehe. Non mais vraiment, jusque cette année, je l’ai toujours pris comme un simple outil. OK j’ai toujours fait gaffe à cleaner mon following afin qu’il ne devienne pas anxiogène pour moi. Mais cette fois, c’est l’effet inverse qui s’est produit. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’Instagram est foncièrement néfaste, cela voulait surtout dire que je n’allais pas bien. Je m’explique. Avant 2020, j’ai toujours utilisé Instagram pour partager des bouts de vie, des choses qui me touchent ou qui m’ouvrent l’esprit. En retour, j’ai toujours consommé du contenu drôle, inspirant, boosteur, bref bénéfique pour moi. Sauf que quand on ne va pas bien, on ne lit pas, on n’interprète pas les choses de la même façon que lorsqu’on va bien. Je ne me suis jamais comparée à qui que ce soit sur ce réseau, et pourtant, là je l’ai fait. J’ai toujours consommé du contenu le sourire aux lèvres, avec un esprit critique quand cela est nécessaire, mais sourire aux lèvres quand même. Là, ce n’était pas toujours le cas. Plus je passais du temps dessus, plus je perdais pied avec la réalité et avec moi-même et ces choses qui d’habitude me faisaient du bien. J’ai alors compris que personne n’est à l’abri. Je me suis beaucoup questionnée. Je me suis beaucoup jugée aussi. Je m’assure en général que je ne prêche pas une parole que je ne m’applique pas moi-même. J’ai alors décidé de prendre du recul, couper de temps en temps, reconnecter avec ma vraie vie, retrouver le réconfort en moi-même, me retrouver tête à tête avec mes émotions ….

Je vous partagerai plus en détail dans le prochain article, ce que j’ai mis en place pour comprendre ce qui se passait, et les décisions que j’ai prises pour couper avec cette déprime, et m’assurer de faire ce que je peux pour finir mon année apaisée.

Bisous.

Pomelo.

4 commentaires sur “« Souris ! » – Bye Bye Lovely Smile.

  1. Un article et même un témoignage qui fait écho . 2020 est l’année où je pense que plus que jamais il est important de faire l’état des lieux de sa santé mentale .

    Merci pour ton honnêteté et ta sincérité . C’est aussi comme ça qu’on avance ❤️

    J'aime

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