***Illustrations de Nicholle Kobi***

C’est kiffant d’avoir le lit et la couette pour soi.

C’est kiffant d’avoir encore plus de temps à consacrer à ce qu’on aime.

C’est kiffant d’organiser son temps comme on le souhaite.

C’est kiffant de prendre beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps pour soi.

C’est kiffant d’être avec soi.

C’est kiffant le célibat.

Ilustration by the one & only Nicholle Kobi

Playlist playing : Wildfire, SBTRKT

J’ai emménagé, je suis chez moi. Ma déco me plait et me fait du bien, j’ai fait un peu de peinture, je m’y sens bien, mon quartier me plaît. Je me suis créé un véritable cocon.

Je me souviens si bien de cette sensation ressentie souvent au réveil les week-ends : mettre de la musique, marcher dans mon appart, toucher les meubles, passer de longues minutes à la fenêtre à admirer la rue, les passants, avoir un sourire niais sur le visage, me recoucher, pleurer de joie, me sentir détendue, en paix avec moi-même, rêvasser ….. Kiffer ! Je suis chez Moi.

Les levers et les couchers étaient parfois durs, le manque se faisait ressentir. Après l’installation, il y a eu une période bâtarde, choisie, mais bâtarde, bizarre, quand même. Je me laissais vivre, porter par les évènements, j’estimais avoir le droit de souffler, je regardais alors les jours passer, je me faisais plaisir quand et comme je le souhaitais, j’évitais soigneusement de me juger, je continuais, comme me l’avait conseillé ma coach, à être bienveillante avec moi-même. C’était doux ! Je me sentais légère, en paix avec moi-même et le monde qui m’entourait. Puis, vint le moment où je ressentis le besoin de faire le bilan, décider de ce à quoi je voulais que ma vie, ma future vie ressemble. En somme, continuer l’action, prendre les choses en main, cesser enfin d’être spectatrice, faire des choix et les assumer. Je choisis d’organiser ma vie en plans. Le 1er et de loin le plus important était le pro . J’ai toujours eu un rapport compliqué avec la dimension pro de nos vies, encore plus ces dernières années. Se dire que c’est là que nous passons clairement le plus de temps, encore plus qu’avec nos familles et nos proches, nous mettons à dispositions nos plus belles années, notre énergie physique, émotionnelle, intellectuelle. Réaliser cela m’avait fait remettre beaucoup de choses en question, me demander pourquoi notre génération est si perdue niveau pro ? Nos parents avaient moins de choix (de vie), fallait bosser, avoir un CDI, s’acheter une maison, construire et maintenir une famille, il me semble que notre génération privilégie plutôt le bien-être, s’étant peut-être rendue compte que le le modèle des anciennes générations ne les rendait pas forcément plus heureuses ? Ne devrait-on pas se battre autant que nous le pouvons pour se créer un « cocon » pro, où on se retrouverait entièrement ? Evidemment je reviendrai sur ce sujet, mais pour les personnes qui ont suivi sur Instagram, vous mêmes vous savez deh!. Anyway, j’étais alors paumée professionnellement, je ne savais toujours pas ce que je voulais vraiment faire, mais il m’apparaissait clairement que je ne voulais plus rester dans ma boîte de l’époque. J’y étais bien, bien entourée, des conditions vraiment top ! Les missions en elles-mêmes intéressantes, mais plus vraiment challengeantes du fait de ma séniorité. Je décidais alors que j’allais partir, mais, le moment venu car avoir plusieurs changements aussi importants dans un timing aussi court me paraissait dangereux, car propice à ébranler ma quasi-stabilité matérielle et émotionnelle. Et pourtant, en même temps, le fait de me rendre compte que finalement tout se passait plutôt bien après la rupture, je me sentais pousser des ailes, car je découvrais ma résilience et ma forte capacité d’adaptation, ma capacité à me relever, à renaître, je me sentais prête pour continuer de faire changer les choses. Il y a finalement ce côté « kiffant » dans les épreuves, le fait de se (re)découvrir, de découvrir qu’on est en réalité plus fort-e- qu’on ne le pense.

J’avais parfois le sentiment amer que ces 10 années de relation m’avait comme freinée dans la recherche du MOI. De ce que MOI je voulais vraiment, indépendamment de mon couple. Je me rendis alors compte que j’avais grandi pendant tout ce temps sous l’ombre de cette relation, de décisions prises et projets pensés, ensemble. Il y’avait alors trop peu de place pour l’individuel, erreur ! Mais tel est souvent le cas quand on s’embarque dans une relation si jeune et qui dure aussi longtemps. Je décidais alors d’écrire. Ah la la ! L’écriture, quelle thérapie. Je décidais d’écrire sur 2 sujets qui à ce moment-là me tenaient à coeur. Le 1er était sur les raisons pour lesquelles je ne me remettrais pas en couple avec mon ex. Cela peut paraître absurde pour certaines personnes, mais je m’en félicite encore car ces quelques pages noircies à l’encre m’ont tant aidée par la suite. Pourquoi ? Parce-que souvent le cerveau nous joue des tours, et pour une situation « bancale » donnée, nous n’allons en retenir que le positif. Pour toutes les fois où c’était dur, où il me manquait, que j’avais envie de lui écrire, de l’appeler, et que je m’arrangeais avec ma conscience pour répondre favorablement à la question que je me posais moi-même évidemment « et pourquoi pas ». Se sevrer d’une relation aussi forte n’est pas tous les jours aisé, je retournais donc souvent à cette liste de 15 points qui me rappelaient pourquoi je ne devais pas flancher, mais surtout pourquoi je devais rester fidèle à moi-même. « Parce-que je me suis sentie rabaissée, pas toujours respectée et totalement acceptée pour qui j’étais, parce-que quelqu’un qui n’a pas parié sur toi ne te mérite pas, parce-que tu étais plus malheureuse qu’heureuse à ses côtés ces dernières années, parce-que vous vous êtes assez fait mal, etc etc etc ». Ce sont là quelques-uns des points que comprenait ma liste. Nous avions tout donné, je me souvenais avoir tout essayé, et cela n’avait pas fonctionné, le temps d’arrêter de forcer était arrivé. Puis je me souvenais de ce poids qui me tombait des épaules quand on s’est séparé, ce n’était pas pour rien.

Parce-que j’avais désormais cette ambition : *d’être focus sur moi, *de me concentrer sur travailler à me rendre heureuse afin de ne plus remettre la responsabilité de mon bonheur entre les mains de qui que ce soit, *de brasser du blé plutôt que de chercher à être en couple à tout prix HA!, *d’être totalement indépendante et de n’avoir besoin de personne ni financièrement, ni émotionnellement parlant, *de faire de mon futur compagnon de vie un bonus plutôt qu’une moitié, pour toutes ces raisons et en réalité pour pleins d’autres, le 2ème sujet sur lequel j’avais passé de longues minutes à écrire était sur ce que j’aurais aimé que ma mère m’apprenne plus jeune.

J’aurais aimé :

  • Qu’elle me dise que la vie d’adulte serait dure mais pas insurmontable
  • Qu’elle m’apprenne à réparer un coeur brisé
  • Qu’elle m’apprenne que les gens ne m’aimeront pas toujours, mais que c’est OK
  • Qu’elle me parle plus de sa vie de femme mariée et mère de 5 enfants dont 1 décédé, et des difficultés que cela impliquait pour elle au quotidien
  • Qu’elle me parle de ses sentiments, et qu’on pleure davantage ensemble
  • Qu’on se prenne plus dans les bras
  • Qu’on déconstruise ensemble toutes ces limitations de notre culture africaine qui mènent à tellement de souffrance (ne pas se montrer tel qu’on est, cacher ses faiblesses, ne pas être faible, ne pas exposer ses sentiments, etc etc etcccc)
  • Qu’elle m’apprenne à être heureuse avec des outils concrets que j’ai finalement découverts par moi-même
  • Qu’elle me dise que je suis la seule responsable de mon bonheur
  • Qu’elle m’apprenne à être plus indépendante
  • Qu’elle me conseille de bosser dur pour subvenir à mes propres besoins sans rien attendre de personne
  • Qu’elle me parle plus d’émotions et à quel point il fallait les écouter et arriver à les gérer pour comprendre qui on est, et ainsi ne pas les laisser nous envahir et parfois nous détruire
  • Qu’elle me dise que c’est OK d’avoir peur. D’avoir peur d’aimer.
  • Qu’elle me dise que le bonheur et la valeur d’une femme ne se réduisent pas à être en couple et à fonder une famille
  • Qu’être une bonne copine/femme/amante n’est pas nécessairement égal à savoir/devoir prendre soin d’une maison et d’être au service de son mari
  • Que nous valons beaucoup plus que cela
  • Qu’il était primordial de se trouver soi, de s’aimer soi d’abord, avant de prétendre se « donner » à qui que ce soit d’autre
  • Qu’elle m’explique à quel point c’est dur de se faire comprendre du sexe opposé dans certaines situations
  • Qu’elle me dise à quel point c’était important d’être focus sur soi, sur construire son avenir sans rien attendre de personne
  • Qu’elle m’apprenne à savoir se replier sur soi en guise de protection
  • Qu’on parle vraiment plus de bonheur non lié au matériel ….
  • … Et de tellement d’autres choses …
  • Mais je me suis rendue compte en grandissant qu’elle a fait avec les moyens du bord et que tout ceci se serait finalement ce que j’aimerais dire à ma future fille si j’en ai une un jour. Puis, même si elle ne m’a pas appris tout ça explicitement, l’amour qu’elle m’a donné, les valeurs qu’elle m’a inculquées, l’éducation qu’elle m’a donnée, m’ont permis d’affronter beaucoup de choses, et d’apprendre par moi-même. Merci Mum !

J’ai finalement compris que le (mon) bonheur consistait à prendre le temps de me connaître, de comprendre qui je suis, ce que j’aime, ce qui me rend triste, ou au contraire heureuse, et finalement prendre la liberté d’accepter cette personne que je suis, et surtout la liberté de l’être vraiment, de la façon que je le souhaite, sans me préoccuper de ce que pensent les autres. Je pense vraiment que beaucoup de gens sont malheureux parce-qu’ ils prennent trop en considération ce que pensent/peuvent penser les autres. Puis, aussi, j’ai compris que les gens ne sont pas toujours méchants, mais plutôt malheureux; car quand on va bien, qu’on est en phase avec soi, je vois difficilement comment on peut avoir le temps et l’énergie d’être méchant.

Enfin, j’ai compris que le bonheur est un choix qui se renouvelle quotidiennement.

Et je me rends compte que je me suis peut-être un peu égarée dans la rédaction ha ha ! Je reviens bientôt. Prenez soin de vous.

Pomelo.

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