20h00. Apero Time. Playlist playing Kietu – Damso

On va l’appeler Daniel. Il reste à Toulouse, je suis à Paris. Je me suis inscrite en Master Commerce & Echanges Internationaux après une license en Espagne en Langues & Littératures des Civilisations Etrangères – Spécialité Anglais. Des filières choisies toujours un peu par défaut parce-que souviens-toi, je ne sais toujours pas avec exactitude ce à quoi j’aimerais que mon avenir ressemble. J’ai d’ailleurs toujours secrètement admiré (jalousé ?) ces personnes qui savaient avec certitude ce qu’elles voulaient faire dans la vie et qui mettaient tout en oeuvre pour y arriver; Daniel était l’une de ces personnes. Je suis à la Fac, eh ça fait plaisir de voir ici des gens qui me ressemblent. Dans mon université à Saragosse, j’étais la seule noire. C’est quand mon amie m’y rendant visite une fois m’avait demandé « ce n’est pas étrange pour toi d’être la seule renoi du bahut ? », que je m’en étais rendue compte … Like Oh, c’est vrai dis … Passons !

Ce n’est pas évident d’être encore à distance, même si celle-ci s’est réduite. Je vis à l’époque en famille, je suis la cousine blédarde qui squatte, tu connais. Les allers-retours fréquents à Toulouse sont ma bouffée d’air frais. On file le parfait amour ! Il est adorable. Il a alors 25 ans, j’en ai 21. Lui a son futur tout tracé, il sait ce qu’il veut. Il vient d’une famille modeste avec une mère qui les a élevé seule ses 2 soeurs cadettes, sa jumelle et lui. Il a été boursier toute sa vie d’étudiant, il a passé les prépas et s’est promis d’être à l’abri du besoin dans le futur. A la fin de cette année-là, il sortira de son école et sera alors Ingénieur dans l’Aviation Civile. Il rêve d’une petite vie tranquille avec sa petite famille, propriétaire de son appartement qu’il achètera quelques années plus tard. C’est beau hein !

De mon côté c’est le flou ! Je continue pourtant mes études et je m’en sors plutôt bien. Après mon Master en Commerce International, un stage à Barcelone, première expérience dans le Digital… Tiens, c’est pas mal ça. Retour en France, j’intègre un Master Spécialisé en Web Marketing, en alternance. Oh les longs crayons … Ca commence ! Tu connais les familles africaines non ? « Tu comptes faire l’école jusqu’à quel âge ? » Pendant tout ce temps, je n’ai plus vraiment besoin de faire des petits boulots pour me payer ma vie, Daniel gère ça aussi, han le gars parfait ! Je découvre en parallèle la vie en France. Je m’y sens mieux, je vois des gens qui me ressemblent, je retrouve un environnement qui m’est familier, gars je peux manger africain, rien que ça déjà is BAE ! Mais je m’ouvre aussi progressivement à d’autres choses, je découvre l’art, les musées, les expos, et well ça me fait kiffer. Mais le passage annuel à la Préfecture pour renouveler mon titre de séjour me rappelle vite d’où je viens, et pas toujours de la meilleure des façons, pourtant comparé à d’autres personnes que j’y croisais, je n’étais pas la moins bien lotie. Je me demandais souvent si on était toujours en France ? Notamment à la Préfecture de Bobigny, Dieu !

Mes parents sont contents pour moi. Je me forge un avenir, je n’ai pas fini aux bras d’un délinquant, au contraire, j’ai dégoté le gendre parfait sur le papier. Parce-que bon en grandissant dans un environnement comme le mien, qui plus est venant d’une famille modeste, tout parent rêve secrètement que sa fille soit à l’abri du besoin. Et dans l’imaginaire commun, cela ne passe pas nécessairement par une carrière brillante. La complexité pour une femme comme moi vient du fait qu’on s’attend à ce que tu aies tout : ce super boulot et en même temps le super mec, puis la super petite famille, et enfin la super vie bien rangée, que tu sois la maman parfaite et en même temps l’amante au top. Pendant ce temps, personne ne te dit qu’il faudrait quand même songer à être heureuse à un moment donné hein. Alors ok, si tu n’arrives pas à tout avoir, aies au moins le mari qui va te gérer et gérer ta famille aussi si possible soit dit en passant. Non parce-que à quoi te servirait de longues études si c’est pour finir sans homme à tes côtés ? Rien que d’écrire ces dernières phrases je me sens épuisée ! Alors, on va me dire que pour les hommes en face ce n’est pas évident non plus but well …. C’est mieux j’y reviens plus tard hein. Evidemment, les parents ne le disent que très rarement aussi clairement, mais quand tu grandis en voyant des schémas qui se répètent autour de toi, tu finis, inévitablement, par croire que c’est TA réalité et que c’est ainsi que les choses doivent se dérouler. Puis les proches te le font ressentir, tu sais la tante éloignée, la cousine, le tonton, la grand-mère : « c’est quand que tu te maries ? » « et les enfants ? » On va également me dire que c’est partout pareil, mais il est évident que je ne relate que ce je connais.

Donc. Daniel finit ses études, il s’installe à Paris. Après quelques mois, nous voilà installés ensemble. Nouvelle étape. « Allez Dominique, maintenant tu dois arriver à concilier ton alternance avec la vie de couple ! C’est le moment de mettre en pratique régulièrement ce que tu as vu maman faire pendant si longtemps (je nuancerai ceci plus tard because on doit parler de ma mum!), s’occuper d’une maison, savoir faire à manger à ton homme. C’est pas Lady Ponce qui chantait « le ventre et le bas ventre » ? – gars check tes références. Faut bien arriver à garder cette perle près de toi. Il s’occupe si bien de toi, de vous ». Tu te demandes qui parle ? Mais si tu sais, c’est la petite voix. Celle qu’on choisit parfois d’écouter et d’autres fois, d’ignorer. Peu à peu, on glisse ainsi dans une relation de dépendance, seule dans sa tête, on se dit qu’on doit être à la hauteur, on imagine les attentes de l’autre, des nôtres, on place l’autre au centre, on s’oublie, on se créé, sans vraiment s’en rendre compte un environnent qui est tout sauf sain, on attend en retour parfois inconsciemment, sans savoir pourquoi, puis tant d’attentes frustrées … Mais Oh ! De quoi je me plains ? Nan mais je suis à Paris, je fais des études supérieures, je suis en couple avec le mec parfait, ma vie donne comme on dit ! De quoi tu te plains ? Le problème des longs crayons c’est que mine de rien, ça cogite trop là-haut haha. N’oublie pas, la petite voix …

On s’en reparle soon. Love sur vous !

Pomelo.

2 commentaires sur “Roots … Plaid & Chardonnay.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s