Je t’offre un câlin virtuel si tu devines laquelle je suis sur la photo 🙂

Mon appartement sent bon le citron et la vanille, et pour cause ! J’ai un gâteau au yaourt en pleine cuisson. Je fais chauffer de l’eau pour un thé vert à la rose. Je viens d’allumer des bougies, ma playlist joue Can’t Believe de Faith Evans & Carl Thomas. Tu t’en souviens n’est-ce pas ?

Mon regard qui se balade dans la pièce croise ce tableau accroché au mur avec l’inscription suivante : « Your mind is a powerful thing. When you fill it with positive thoughts, your life will start to change. »

Et toi ? Tu as ton thé ? Peut-être un verre de vin ? Ton plaid ? Peu importe, j’espère que tu es dans de bonnes conditions pour me lire.

J’ai sommeil et en vrai j’me languirais bien dans mon canap sous un plaid devant Netflix. Mais j’ai eu envie d’écrire. Disons que tous les éléments réunis, et résumés dans le 1er paragraphe de cet article m’ont plongés dans un souvenir lointain et joyeux, celui de mon enfance. Je me suis revue en cuisine avec ma mère et mes soeurs, mon frère, entrain de faire un gâteau. C’était souvent le rituel du samedi après-midi. Souvent, ces derniers temps, je repense à mon enfance et à la façon dont mon passé et l’éducation que j’ai reçue ont forgé la personne que je suis.

J’ai eu envie d’écrire. De continuer ce récit entamé il y a quelques articles maintenant. Et ce sera souvent comme ça, on reprendra où on s’est arrêté.

Dans un processus de guérison, de travail sur mon bien-être psychologique, apprendre à me connaître, à savoir qui je suis réellement, a été le début et le pilier d’un travail entamé il y a quelques années maintenant. Je vous racontais que j’ai quitté le Cameroun à 17 ans. J’ai atterri en Europe, et du jour au lendemain, j’ai dû apprendre à m’adapter à cette nouvelle vie. Une nouvelle vie loin des miens. Ce n’est que plus tard que j’ai compris l’impact de cette séparation sur la personne que j’allais devenir.

Arrivée en Espagne, j’ai vécu avec ma soeur quelque temps, puis seule. J’étais étudiante, je travaillais pour me payer ma vie : babysitting, prof de français etc. Je découvrais des personnes et une culture différente de la mienne, et pas spécialement entourée de personnes me ressemblant. (Gars, tu découvres que tu es noire en fait, que ta différence peut déranger, heurter. Tu découvres le froid, le vent qui te gifle fort, les manteaux qui piquent, que mettre des collants sous tes jeans bah ça peut te sauver la vie quoi, … Nan! Mais qu’est-ce qu’on cherche ?) Je me suis vite adaptée, j’ai entièrement plongé dans cette nouvelle expérience, et adopté les us et coutumes de jeunes gens qui partageaient ma vie à cette époque. J’ai toujours aimé être entourée, sortir, danser, là je me suis retrouvée à chanter et danser sur des rythmes assez éloignés de ceux que je connaissais plus jeune, à faire des activités qui m’étaient inconnues par le passé. Ce que mes gens appelleraient « des trucs de babtous » … t’excite pas, on y reviendra : ) Je pense que j’étais heureuse à cette époque, ignorante de moi, de ce que je voulais vraiment dans la vie, spectatrice de celle-ci plus qu’actrice, mais heureuse.

{Ma playlist joue maintenant One Wish de Ray J }

Puis j’ai rencontré ce garçon … Tu sais, celui qui au début ne te fait ni chaud ni froid. Mais qui a un truc. Il vit à Toulouse et moi en Espagne. Il ne lâche pas. On commence à se parler tous les jours, à passer des plus de 5h au téléphone… o.k.l.m. Tu sais le type de conversations que tu as adorées, à la fin desquelles tu as des papillons dans le ventre et un sourire niais sur la gueule, mais dont tu es incapable de résumer le contenu quand on te demande juste après avoir raccroché : « mais vous parlez de quoi ? ». Puis un jour, sans savoir comment, tu es couple en fait ! Yes.

Puis Paris. Pour l’amour, tenter de construire quelque chose. Je ne sais toujours pas qui je suis, ni ce que je veux vraiment dans la vie, je suis toujours plus spectatrice qu’actrice. Je fais des choix bien-sûr, mais que sont ces choix pour une jeune enfant qui n’a pas eu le temps de finaliser son éducation et sa préparation au monde adulte auprès de ses parents ? Dans un environnement étranger et solitaire? Je ne comprendrai que plus tard que ces choix n’étaient pas les bons, mais qu’ils étaient nécessaires pour devenir la personne que je suis. Quoiqu’il en soit, ce garçon ne me laisse pas indifférente. Il me rassure et me donne envie de m’engager à mon jeune âge, me voici donc en France. Une fois de plus, changement de vie, rebelote, il faut s’adapter, réapprendre, se re-découvrir. Toujours ce sentiment enfoui (refoulé ?) que mes choix répondent plus aux volontés des autres qu’aux miennes, ne pas savoir ce qu’on veut peut être très préjudiciable. Or, pour savoir ce qu’on veut, il est primordial de bien se connaître. Mais pour cela il faut faire un travail sur soi, non? Mais… Oh c’est compliqué tout ça, allez on refoule c’est plus simple. Et donc oui, Paris ! Devoir faire le choix d’un parcours universitaire, d’une carrière. Découvrir des gens et une culture différente. L’expérience semble moins aisée sur certains aspects, plus douce sur d’autres. Je retrouve ici des gens qui me ressemblent, des amies d’enfance, une partie de la famille éloignée… Puis well, je suis amoureuse quoi. J’ai alors 20 ans. Qu’est-ce que je fais là ? Qui suis-je ?

La suite au prochain épisode, mon thé est froid !

Pomelo.

26 commentaires sur “Roots … Douceurs & Thé à la Rose.

  1. La petite fille avec la robe à fleurs bleues!

    Par contre je veux la suite je commençais déjà à m.installer dans mon lit avec cette écriture si fluide, si agréable!!! Non il faut écrire un livre 😉

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  2. Tu es la petite fille à la robe blanche ..je t ai reconnu sans te connaître vraiment ..mais on reconnaît tt de même ce large sourire franc et plein de gentillesse..🙂 une belle écriture ..une belle histoire ..une belle auto analyse ..quoi de mieux que de bien se connaître dans la vie pour enfin vivre heureux ..on vit tellement de temps avec soi même

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  3. Raté mais vous avez les mêmes traits au niveau du visage pour moi…
    J ai beaucoup apprécié ton récit et ça me parle..comment s enraciner quand on est déraciné ? Mais belle force,belle résilience. J attends la suite avec Vitamalt 😁😁

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